Attrapez-les tous !

Il y a 30 ans, un jeu Game Boy monochrome, techniquement obsolète à l'ère de la 3D triomphante, défie toutes les probabilités et devient le phénomène culturel qui a défini toute une génération. Dans ce nouvel épisode marathon, Mugen, Ace Bunny et Brad célèbrent les 30 ans de Pokémon en replongeant dans l'aventure qui a tout changé : Rouge, Bleu, Jaune, et leurs remakes Rouge Feu / Vert Feuille.

Quatre heures de nostalgie pure où l'équipe (HKR et Pedro étant absents, sabotage de la Team Rocket oblige) décortique la genèse miraculeuse de la licence : Satoshi Tajiri le "Docteur Bug", le fanzine Game Freak qui vivotait, le câble link comme déclic, les 6 ans de développement chaotiques, Iwata qui sauve le projet international et la version Stadium sur N64, et cet alignement de planètes parfait qui a transformé un jeu voué à l'échec en cash machine internationale.


Au programme :

La genèse légendaire

Satoshi Tajiri, passionné d'insectes que ses camarades surnommaient "Docteur Bug", découvre l'arcade et abandonne la tradition familiale (son père travaillait chez Nissan). Avec Ken Sugimori au dessin, il lance le fanzine Game Freak qui se vend si bien qu'il faut embaucher les parents pour envoyer les commandes. Le studio vivote sur des projets de commandes (Yoshi's Cookie, Mario & Wario, Pulseman sur Mega Drive), jusqu'au jour où Tajiri tombe sur la documentation technique du Game Boy et son câble link. Le déclic : échanger des créatures comme il échangeait des insectes enfant.

Les 6 années de chaos

Nintendo valide le projet Capsule Monsters (rebaptisé Pocket Monsters car le nom était déjà déposé), mais Game Freak manque de cash. Développement infernal, l'équipe passe de 5 à 19 personnes, certains ne sont pas payés pendant des mois, Tajiri puise dans ses économies personnelles. Le jeu est repoussé plusieurs fois, tout éditeur normal aurait annulé le contrat. Mais Nintendo tient bon. Puis arrive Iwata, génie de la programmation qui a permis d'intégrer la traduction aux jeux.

L'explosion cross-média

Les 151 monstres originaux, la stratégie des versions Rouge/Bleu/Jaune pour forcer l'échange, le phénomène Mew caché dans le code (bug transformé en légende urbaine), l'anime qui débarque sur Fox Kids le 5 septembre 1999 (puis TF1 à Noël), les albums Panini à 2-5 francs échangés dans les cours de récré, le Trading Card Game qui explose, et cette accessibilité financière incroyable (Game Boy + jeu Pokémon = moins cher qu'une seule licence PS1).

Les souvenirs personnels

Mugen qui découvre l'anime sur Fox Kids à l'épisode 23 (La Tour de la Terreur), fait son plan d'action pour convaincre son père de lui acheter la version Rouge pour son anniversaire quelques semaines plus tard, dévore le guide Ultra 64 Player chez le buraliste qui le laisse feuilleter gratuitement, et devient le "dark Sasuke du Pokémon" au collège (les autres lui ramènent leurs cartouches et des goûters pour qu'il capture leurs légendaires). Brad pour qui la Game Boy + Pokémon était enfin accessible. Ace et son Pokémon Bleu, ses souvenirs de l'archipel des Îles Orange (saison 2).

L'analyse technique et culturelle

Les remakes Rouge Feu / Vert Feuille qui modernisent l'expérience tout en préservant l'âme, les évolutions graphiques de la Gen 1 (du monochrome Game Boy au pixel art GBA), le système de types et sa table de compatibilité, les bugs mythiques (Missingno, le glitch Mew), la cote folle des cartouches (Pokémon Or loose à 20€ en 2021, aujourd'hui entre 40-80€), et ce constat amer : la machine est devenue trop grosse pour elle-même et hors de contrôle.

Les débats qui fâchent

Rouge/Bleu/Jaune restent dans le top 3-5 des jeux Game Boy de tous les temps (indébattable). Un jeu monochrome qui devient le jeu le plus vendu de son année alors que la 3D règne. Rouge Feu / Vert Feuille comme porte d'entrée idéale pour découvrir la Gen 1 aujourd'hui (à "seulement" 199€ loose). Les jeux Switch récents qui déçoivent (Brad qui revend tout sauf Let's Go et Arceus). Et cette vérité : personne ne pouvait prévoir ce succès, c'est un alignement de planètes unique (1 chance sur 10 milliards).

Moments cultes :

  • La confusion Satoshi Tajiri / Tsunekazu Ishihara sur Google Images (test de crédibilité des vidéos YouTube)
  • Le buraliste qui installe une chaise pour que Mugen puisse feuilleter les magazines
  • "Game Freak = les fous/fadas du jeu vidéo"
  • Le débat Rondoudou vs Ronflex comme berceuse
  • "Pokémon, c'est typiquement l'œuvre qui a dépassé son créateur"


Un épisode cathartique de 4 heures (félicitations à Ace qui a eu moins de 10 jours pour le monter) qui célèbre le miracle Pokémon Gen 1 : un jeu qui n'aurait jamais dû exister, qui n'aurait jamais dû marcher, et qui pourtant a défini le gaming portable pour des décennies. Entre analyse technique, anecdotes personnelles, considérations sur les prix du rétrogaming, et débats passionnés, l'équipe dresse le portrait d'un phénomène culturel irréplicable.


Le projet annoncé : Une rétrospective complète de toutes les générations Pokémon en épisodes futurs (déjà la Gen 2 en préparation). NewGame+ devient PokéPlus, le podcast.

Le teaser final : Prochain duo HKR + Ace sur un sujet qui "finit en R". Et dans un mois, tous les 5 pour parler de... 64 Player (la revue mythique).


Jeux évoqués : Pokémon Rouge/Bleu/Jaune (Game Boy), Rouge feu / Vert Feuille (GBA), Let's Go Pikachu/Evoli Arceus, les jeux Switch, Quinty, Yoshi's Cookie, Mario & Wario, Pulseman, Magical Taruruto-kun

Personnalités : Satoshi Tajiri, Ken Sugimori, Satoru Iwata, Tsunekazu Ishihara

Supports : Game Boy, GBA, DS, 3DS, 2DS, Switch


Intervenants : Mugen, Ace Bunny, Brad
Montage et mixage : Ace_Bunny
Technique, diffusion et hébergement : Mugen_Pascal